jeudi 3 décembre 2015

Lettre d'amour au salon du livre et de la presse jeunesse


Très cher Salon du livre et de la presse jeunesse,

Je t'aime.

          Oh ne rougis pas, je ne te croyais pas timide, toi le plus grand salon du livre jeunesse européen. "Il faut s'aimer à tord et à travers" alors je te dis que je t'aime. Vois-tu, quand je suis venue te retrouver cet après-midi, après une année de séparation, je me suis surprise à me sentir émue. Les jambes qui flageolent, le coeur qui bat trop vite et l'envie de presser le pas pour être avec toi. S'il te plait, ne rigole pas. Même si tu ne me connais pas, tu m'as vu grandir et depuis six ans déjà, venir te voir chaque année est une grande joie pour moi. Tu as donc toujours été important pour moi, tu m'as accompagnée et aujourd'hui encore plus que jamais, je suis heureuse que tu sois là et je suis fière d'être de venir te voir. Et je crois sincèrement que toi, et moi, et les milliers de personnes qui vont venir elles aussi te rendre visite, on va rallumer les plus belles étoiles dans le ciel, on en ajoutera même d'autres et on en fera des guirlandes.


          Bien sûr, tu sais les belles rencontres littéraires qui naissent grâce à toi. Les dizaines, les centaines de dédicaces rédigées, les échanges émus entre un auteur et son lecteur, les photos volées, les yeux qui brillent, les livres qui s'empilent dans les sacs, les rires... Mais connais-tu les magnifiques rencontres humaines qui naissent aussi grâce à toi? Parce que tu vois, c'est aussi pour ca que je t'aime de tout mon coeur. C'est toi et personne d'autre qui a fait naître une amitié folle, passionnée et poussinée entre six lecteurs habitant aux quatre coins de la France. Et c'est même un peu grâce à toi que je suis tombée amoureuse de mon amoureux. 



          Alors quand les temps sont durs pour la littérature jeunesse, quand Paris est attaqué et que le monde a peur, quand le découragement pointe, souviens-toi de tout ça, souviens-toi qu'il y a sans doute des dizaines, même des centaines de petites personnes comme moi qui t'attendent tous les ans avec impatience pour parcourir tes allées, rencontrer sur tes stands ses auteurs favoris, discuter et rire sur tes gradins qui font mal aux fesses. Nous sommes tous là pour te faire vivre avec passion et te soutenir quand tu te sens blessé. 


          Une dernière confidence. "30 ans, c'est grand ?", oui c'est grand mais tu as intérêt à encore grandir longtemps. Parce que moi, j'espère que si un jour j'ai des enfants, tu seras encore là. J'espère que tu encourageras sa passion pour la lecture, j'espère que mon enfant sera aussi heureux que moi de te retrouver et qu'il aura presque des papillons dans le ventre, j'espère que tu accueilleras avec la même bienveillance que tu l'as toujours fait avec moi ses amitiés et ses amours. 

Je t'aime, et nous sommes beaucoup à t'aimer, l'oublie pas. 

Iris