samedi 4 avril 2015

La Voix des Blogueurs #2



Cela fait deux ans que j'ai la chance de participer au prix littéraire La Voix des Blogueurs organisé par Tom, du blog La Voix du Livre, et avec les blogueurs Nathan, Maia, Vavi, Sophie, Théo et Clémentine.

Chacun de nous a dû choisir son coup de coeur de l'année précédente, donc de 2013 (et oui, nous sommes un peu en retard mais chut, personne n'a rien vu!), pour le faire lire aux autres participants et à la fin de l'année, nous désignons notre gagnant.

(Et si vous ne comprenez rien à mon petit charabia, je vous laisse avec l'article de présentation de Tom, qui parle bien mieux que moi >>>)


La semaine dernière a eu lieu le GRAAAND DÉBAT pour désigner le GRAAAND GAGNANT de la deuxième édition et si au début, le gagnant semblait tout trouvé, nous avons en fait changé d'avis après des discussions et un vote final serré.

Avant de vous annoncer le gagnant (dont je suis d'ailleurs très contente), je vous laisse avec de courts avis sur tous les livres du prix que j'ai lu (oui shame on me, je ne les ai pas tous lu...)


Livres sélectionnés

La passe-miroir, de Christelle Dabos, choix de Tom : je n'en ai lu que le début avant la fin du prix (shame on me again), mais j'ai beaucoup aimer l'ambiance dans laquelle on est directement plongé : un peu vieillotte, un peu étrange avec cette héroïne hors du temps, avec les lunettes et son écharpe trop longue pour elle.

La prophétie de Glendower, de Maggie Stivater, choix de Maia : ce livre est à mon sens une lecture très agréable, qui tient en halène et qui fait passer un bon moment mais cela ne va pas plus loin, c'est une lecture oubliable en fait. Nous suivons Blue, une fille qui tuera l'amour de sa vie par un baiser, et un groupe de Corbeaux qui cherchent à trouver Glendower, un roi gallois soi disant enterré aux États Unis. L'idée est donc sympathique mais je trouve que le roman présente beaucoup trop de défauts : une intrigue assez peu originale, assez attendue, des personnages plutôt creux et une fin très décevante.

Revanche, de Cat Clarke, choix de Clem : encore une fois, une lecture TRES agréable ! J'ai été très touchée par l'héroïne (contrairement à beaucoup de lecteurs, je crois), et j'ai l'impression de l'avoir comprise, d'avoir compris ce désir fou de revanche qui la guidait après la mort de son meilleur ami. C'est un roman fort, poignant, mais ce n'était pas non plus un coup de coeur.

Qui es-tu Alaska, de John Green, choix de Nathan : pour moi, le meilleur livre de John Green, loin devant Nos Étoiles Contraires. John Green écrit avec une justesse absolue et un très grand respect tous les tourments, les ivresses, les amours, les découvertes et les quêtes adolescents. C'est donc une histoire universelle, à propos de l'adolescence mais pas seulement.

A comme Aujourd'hui, de David Levithan, choix de Théo : l'histoire originale et à la fois universel de deux êtres qui s'aiment mais qui ne pourront jamais être ensemble. Ce livre n'est pas seulement orignal et bien écrit mais il pose aussi des questions très intéressantes sur l'identité, sur le fait de se construire sans pouvoir se projeter et sur la force de l'amour. Et la fin... La fin... Uppercut final  qui met à terre et qui bouleverse.

Je danse toujours, de Timothée de Fombelle, choix de Vavi : je vous laisse le lien de ma chronique >>> "Il n’y a rien à comprendre, simplement à ressentir."

L'abandon du mâle en milieu hostile, d'Erwan Larher, mon choix : mon coup de coeur immense et définitive pour ce magnifique roman. Ce roman, c'est l'histoire d'un homme un peu perdu, et surtout triste, qui écrit une lettre d'amour fleuve à sa femme qui n'est plus là. Tout le livre s'adresse à elle, un "je" à un "tu" qui pourrait exclure le lecteur mais qui au contraire l'inclut dans cette relation intime, dans cette histoire d'amour totalement atypique entre le petit bourgeois dijonnais et la punk aux cheveux verts. Le style d'Erwan Larher, que certains trouveront peut-être lourd, donne une identité forte au roman, quelque chose de décalé qui fait que cette histoire reste gravée dans mon coeur.

Breeeef très de bavardages, et je vous laisse maintenant avec... LE GRAAAND GAGNANT ! *roulement de tambour*

Et le gagnant est...
JE DANSE TOUJOURS, de Timothée de Fombelle (mon gourou quoi)



Même si je soutenais volontiers A comme Aujourd'hui, au début, je suis ravie que Je danse toujours gagne. Cette pièce de théâtre peu connue est magnifique, pleine de poésie et de délicatesse.

Et voilà, la troisième édition se prépare déjà en coulisse, restez dans le coin si ça vous intéresse !

A bientôt dans mes nuages.

vendredi 3 avril 2015

Je danse toujours - Timothée de Fombelle



Présentation
 
Celui qu'elle attend n'est pas venu comme chaque soir lui dicter ses feuilles clandestines. Il faudrait s'en aller, quitter l'appartement qu'on assiège peut-être déjà. Mais Claire reste là. Elle sait l'heure proche. Elle écrit la femme qu'elle ne sera pas, la vie qu'elle aurait voulu raconter un jour. Une voix s'élève alors au-dessus du parquet, enveloppe le clignotement du poêle et déroule devant elle les joies, les larmes d'une vie entière. T. F

Actes Sud
8 €
39 pages

Avis 
Que dire de ce petit livre ? C’est tout simplement une pure merveille, un petit bijou pour moi. 

               On se retrouve pendant la deuxième guerre mondiale, avec Claire, une jeune femme qui tape à la machine tous les soirs ou presque ce que lui dicte un homme. Un soir, cet homme ne vient pas. Elle l’aura attendu longtemps. Alors, sur sa petite machine à écrire, elle se met à raconter la femme qu’elle aurait aimé être, la vie qu’elle aurait aimé vivre. On découvre une femme résistante qui écrit Les feuilles volantes pour un homme qui vient frapper d’un coup unique au carreau de sa porte, des arrestations, des explosifs et des lettres portées à Lyon, des actes de résistances… On découvre aussi l’Amour de cette femme pour ce patron nommé « Blanche », des enfants, une rose sèche, une femme qui voudrait être vieille et qui danse toujours… Tout cela est effleuré, jamais approfondi, c’est tout une vie qui passe devant nos yeux sans jamais s’arrêter. 
              Pour être franche, au début, j’étais un peu perdue, déroutée dans ma compréhension. Alors j’ai tout lâché, je n’ai plus cherché à comprendre et j’ai lu. Je me suis laissé porter par l’écriture de Timothée de Fombelle, éblouie par son simple style. Timothée a écrit la vie rêvée de Claire par des phrases simples, non verbales, des accumulations de choses, des petites touches de vie, des questions, des mots qui se répètent… Des éléments assemblés parfois sans grand sens, qui donnent au récit une douceur sans pareil et un ton très féminin au rythme quelque peu décousu. La fin est triste, certes, mais reste dans la continuité du roman : tout en douceur.
              Je termine cette courte critique en vous disant quelque chose de simple : ce petit livre est un immense coup de cœur pour moi, les trente-sept pages de ce roman sont trente-sept pages de vie. Alors courez vite l’acheter ou l’emprunter pour lire et rêver… 


 Il n’y a rien à comprendre, simplement à ressentir.

Citation 
« Je danse toujours. J’aime toujours chanter.
Je regarde les enfants dans les jardins.
J’écris cela : je danse toujours. »


Le petit +
Ce texte de Timothée de Fombelle a été adapté au théâtre de la Pépinière, à Paris à la fin de l'année 2013 avec Clémence Poésy dans le rôle de Claire. J'ai eu la chance de pouvoir y aller, c'était magnifique!
Timothée à propos de la pièce: "J'écris pour le théâtre quand les histoires ne pourraient pas être racontées ailleurs que sur une scène, dans l'incarnation d'un corps et d'une voix, par la rencontre avec d'autres artistes."
Site du théâtre (pour quelques avis et vidéos) >>>

A bientôt dans mes nuages.